Coïncidences ?

Matthieu Smyth




Depuis deux ans nous assistons à un véritable « reengineering » — c’est-à-dire à la réalisation d'une amélioration « disruptive » d’une ampleur critique notamment grâce à de nouvelles technologies — de toute la société occidentale. Cette restructuration s'effectue autour d'un événement fondateur au statut quasi mythique désormais, l'épidémie de CoVid19. Il est difficile de ne pas imaginer un travail préparatoire considérable en amont. Et il semble bien en effet que différentes sortes de taskforces au sein du partenariat public-privé global aient été alors mises sur pieds. Il n’est peut-être pas possible d'identifier toutes ces structures avec précision, mais rétrospectivement toute une série de réunions, documents et législations — préparatoires à la crise à l'évidence — nous dessinent les contours de cet effort commun, au moins à grands traits. Toutes les composantes du partenariat public-privé à l'œuvre ici — multinationales, ONG et appareils étatiques — vont collaborer pour faire en sorte que l'événement déclencheur de ce reengineering de la société puissent se concrétiser, et initier les mesures reflétant l’agenda établi par la gouvernance.

James Corbett (https://www.corbettreport.com/mml2020/) a pu recenser lors des précédentes décennies plus de vingt de ces signes avant-coureur, et en particulier ceux qui annoncent l'instauration d'une loi martiale d'urgence sanitaire. Il y en a eu beaucoup d'autres encore, notamment à propos d'une campagne de vaccination universelle prochaine, et de la mise en place en parallèle d'un système d'identification numérique. On notera que les réunions permettent aux partenaires publics et privés concernés par l'événement «pandémique» de se concerter :


· L’exercice de simulation militaire Dark Winter en juin 2001 (avec l’institut universitaire John Hopkins Center for Health Security), en parallèle avec les très mystérieuses mais très réelles attaques d’anthrax militarisé (US) survenues en septembre de cette même année. (https://www.centerforhealthsecurity.org/our-work/events-archive/2001_dark-winter/).

· Le Pandemic and All-Hazards Preparedness Act, préparé par Robert Kadlec, un des responsables de Dark Winter, est voté par le Congrès en 2006. En 2017, Kadlec sera placé à la tête de la nouvelle cellule gouvernementale Preparedness and Response crée à la suite de cette loi.

· La simulation de pandémie en 2010 Operation Lock Step sous l’égide de la Fondation Rockefeller et d’une société privée de conseil (Global Business Network) qui prédit un durcissement autoritaire des états, seul moyen de lutter contre un virus meurtrier et contagieux : la Chine donnera l’exemple au reste du monde (« Cependant quelques pays firent bien mieux que les autres, la Chine en particulier ») en prenant de manière autoritaire les mesures sanitaires les plus strictes, lui permettant ainsi « de stopper la progression du virus bien plus vite que d’autres pays, puis de se rétablir rapidement après la pandémie ». Une fois que les autres pays auront imité la Chine face au virus, elle prophétise que « ce contrôle et cette surveillance plus autoritaires des citoyens perdurera et même s’intensifiera ». Dans leurs sillages, les technologies qui permettent cette surveillance seront développées et partout implantées (https://eissco.co.uk/pdf/lockstep.pdf ).

. En 2013, le gouvernement allemand publie un Rapport sur l’analyse des risques dans la protection civile de 2012 qui évoque une épidémie provoquée par un « coronavirus SARS (CoV) » et les restrictions que pourraient prendre alors l’IfSG (Infektionsschutzgesetz) : notamment la suspension de « l’inviolabilité du domicile », « le droit fondamental à la liberté personnelle », ou « le droit de s’assembler ». Pour permettre une vaccination obligatoire « le droit à l’intégrité physique pourra être restreint » (Article 2 [2] 1 GG) (https://www.globalresearch.ca/coronavirus-new-world-order-something-rotten-state-denmark/5706464).

· Création en 2015, sous l’égide de la Fondation Gates et du Wellcome Trust, du CEPI dans le but d’orchestrer la collaboration des instances étatiques et des compagnies pharmaceutiques en vue de préparer une réponse vaccinale face à la prochaine pandémie. Le CEPI est présidé par Richard Hatchett venu des agences fédérales de « biosécurité », notamment celle de Preparedness and Response. L’existence du CEPI est officialisée au Forum de Davos en 2017.

· Lors d’un workshop Rapid Medical Countermeasure Response to Infectious Diseases: Enabling Sustainable Capabilities Through Ongoing Public-and Private-Sector Partnerships de 2015, Peter Daszak (président de l’ONG biomédicale EcoHealth Alliance, dont les liens avec les expériences de Gain of Function sur des coronavirus à Wuhan ont été mis en évidence depuis) : après une épidémie, « pour que les financements ne se tarissent pas après la crise, il nous faut faire grandir la compréhension du public vis-à-vis de mesures médicales de prévention, telles qu’un vaccin pan-influenza ou pan-coronavirus. Un facteur clef sont les médias, et la dimension économique suivra le battage publicitaire. Il nous faut utiliser cette hystérie à notre avantage pour passer aux choses sérieuses. Les investisseurs répondront favorablement s’ils entrevoient du profit à la fin de l’opération » (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK349040/).

· En collaboration avec le WEF, la GAVI (the « Vaccine Alliance »), la Fondation Gates, la Fondation Rockefeller, l’UNICEF, la Banque Mondiale, Microsoft et Accenture mettent en place en 2016 l’initiative ID2020 dont le but de développer l’identité numérique et biométrique universelle par le truchement de la vaccination (https://id2020.org).

· Le forum sur la Pandemic Preparedness à Georgetown University en janvier 2017 où Anthony Fauci a averti que « Trump devra sans aucun doute faire face à une épidémie de maladie infectieuse imprévue » (https://ghss.georgetown.edu/pandemicprep2017/).

· En 2018, la Commission Européenne met sur pied le Vaccine Confidence Project pour lutter contre « l’hésitation vaccinale » (https://ec.europa.eu/health/system/files/2018-11/2018_vaccine_confidence_en_0.pdf) ; c’est le prélude de la campagne « Coalition pour la Vaccination » lancée par la Commission au printemps 2019, et qui engage notamment des travaux de faisabilité sur la mise en place d’une passeport vaccinal européen (https://ec.europa.eu/health/system/files/2019-09/2019-2022_roadmap_en_0.pdf).

· En janvier 2019, se tient à Londres une conférence sur les « défis futures » pandémiques organisée par le Chatham House Centre on Global Health Security en partenariat avec l’European Scientific Group on Influenza (ESWI), pendant laquelle le belge Marc Van Ranst va expliquer comment terrifier une population puis la faire accepter de se faire vacciner (https://eswi.org/knowledge-center/wp-content/uploads/sites/11/2019/09/ESWI_PPP_report.pdf).

· La publication au même moment par le WEF en collaboration avec le Harvard Global Heath du livre blanc Outbreak Readiness and Business Impact: Protecting Lives and Livelihoods across the Global Economy.

· Une conférence de la CDU sur le thème de la « santé globale » se tient en mai 2019 dans un salon du Bundestag. Elle ne réunit que quelques dizaines de participants, mais non des moindres : Angela Merkel, Christian Drosten (l’homme du test PCR du SARS-CoV2), Tedros Adhanom Ghebreyesus président de l’OMS, Jeremy Farrar président du Wellcome Trust, Joe Cerell de la Fondation Gates et Ilona Kickbusch du WEF (https://www.cducsu.de/veranstaltungen/globale-gesundheit-st-rken-un-nachhaltigkeitsziel-umsetzen/referenten).

· L’exercice de miliaire Crimson Contagion, rassemblant toute une série de départements et d’agences civiles et militaires, qui simulait en juin 2019 l’arrivée d’une épidémie virale venue de Chine (https://archive.org/details/crimson-contagion-2019).

· Bruxelles septembre 2019 : le premier sommet pour une Vaccination Globale, tenu par la Commission Européenne et l’OMS, auquel participaient des représentants de la Fondation Gates et de Facebook. On notera parmi les points abordés, la faisabilité de plans nationaux de vaccination et la lutte contre la désinformation anti-vaccinale (à ce propos L’OMS a répété que « la désinformation concernant les vaccins est l’une des principales menaces pour la santé en 2019 » https://www.who.int/fr/news-room/events/detail/2019/09/12/default-calendar/global-vaccination-summit).

· L’Executive Order du président Trump en septembre 2019 en vue de Modernizing Influenza Vaccines in the United States to Promote National Security and Public Health.

· La simulation Event 201 en octobre 2019 accueilli par le John Hopkins Center for Health Security sous l’égide du WEF et de la Fondation Gates, où est mis en scène l’arrivée d’un nouveau coronavirus, et à laquelle participent notamment le CEPI, Edelman (communication), le CDC, le Michael Bloomberg School of Public Health et même un intervenant du Centre Chinois de Contrôle et de Prévention des Maladies. D’aucuns ont noté que la simulation envisageait la collaboration des médias sociaux avec les autorités sanitaires pour censurer la « désinformation » en particulier au sujet d’éventuels vaccins (https://www.centerforhealthsecurity.org/event201/about).

· Toujours en octobre 2019, au Future of Health Summit du Milken Institute réunit différents experts, dont Anthony Fauci et Rock Bright ancien directeur du US Biomedical Advanced Research and Development Authority (BARDA) et désormais vice-président du Pandemic Prevention and Response de la Fondation Rockefeller, pour discuter d’une transition des vaccins conventionnels vers des injections utilisant la technologie ARNm, et des éventuelles réticences que celle-ci pourrait susciter. Bright évoque la nécessité de quelque chose de « complètement disruptif, détaché de tous liens et processus bureaucratiques », notamment « une épidémie d’un nouveau virus aviaire quelque part en Chine ». Fauci de son côté y déplore que le « protocole pour prouver qu’un ARNm est “safe and effective” prendra dix ans ou plus […] et que la perception du publique des vaccins contre la grippe sera très difficile à changer ». Sauf si on leur dit : « “je me fiche de ce qu’est votre perception, nous allons régler le problème” » (https://newsrescue.com/explosive-video-fauci-hhs-in-2019-plotting-disruptive-new-outbreak-in-china-somewhere-to-blow-the-system-up-and-enforce-universal-mrna-vaccination/).





Des stratégies subtiles de propagande ont-elles été mises en place parallèlement ? Difficile de ne pas songer au navet hollywoodien Contagion (2011) qui dépeint une pandémie provoquée par un coronavirus vraiment mortel dont les humains qui survivent malgré tout sont finalement sauvés par un vaccin miracle produit dans l’urgence. Ou encore à la pandémie meurtrière de World War Z (2013) face à laquelle un vaccin proposé par l’OMS constitue l’unique chance de survie de l’humanité. Par ailleurs, en 2013, la Fondation Gates sort chez Netflix un « docufiction » intitulé The Next Pandemic. Faut-il y voir des exemples de ce que d’aucuns baptisent des predictive programming fictions ? Cette tactique visant à conditionner à travers des films de fiction l’esprit des masses au consentement passif d’un narratif futur ? C'est très probable...





Gouvernements, universitaires, médias mainstream et ONG ont donc travaillé dans un parfait accord avec Big Tech, Big Pharma et les géants de la finance (ainsi que leurs représentants « philanthropiques »). La logique de cette mise en œuvre reste managériale : on fixe des objectifs, et on construit une stratégie pour les atteindre. À chacun ensuite de se charger de l’appliquer, en collaboration avec les autres, mais dans son domaine respectif. Ensuite, même si les directives sont probablement très précises sur certains points, il revient à chacune des composantes du partenariat, selon son échelon et ses moyens, de les mettre à leur tour en œuvre selon son sens tactique et les réalités du terrain, en improvisant lorsque c’est nécessaire. C’est encore plus vrai pour les relais de la gouvernance globale qui n’avaient qu’une connaissance partielle de l’agenda, ou qui l’ont découvert au fur et à mesure, comme ce fut le cas sans aucun doute des appareils étatiques dont le rôle demeure cependant crucial. C’est justement cette méthode d’exécution qui pousse davantage à cette « radicalisation cumulative » (d’après le concept proposé par l’historien Hans Mommsen), et propre aux services bureaucratiques rivaux plongés dans une ambiance de crise.